Non à l'accord UE-Mercosur, erreur économique et horreur écologique !

Non à l’accord UE-Mercosur, erreur économique et horreur écologique !

Les traités de libre-échange ne sont ni bons ni mauvais en soi. L’accord signé le 28 juin entre l’Europe et le Mercosur (Argentine, Brésil, Paraguay et Uruguay) est contraire à l’intérêt national.

Avant les élections européennes, le président Macron estimait que « la Commission européenne avait résisté à un accord » jugé « mauvais ». Désormais, il se félicite d’un « bon accord ». Cette volte-face ne repose pourtant sur aucune garantie suffisante pour protéger les intérêts de notre pays.

Comment justifier d’imposer toujours plus de normes aux éleveurs français, tout en ouvrant nos portes à des milliers de tonnes de productions agricoles qui ne les respectent pas ? Comment expliquer que l’on surtaxe en France l’automobiliste contraint de prendre sa voiture pour aller travailler à 10 km de chez lui, tout en détaxant l’importation d’une viande produite à 10 000 km de l’Europe ? C’est un jeu à somme négative, économiquement stupide et écologiquement pervers.

A rebours de ces absurdités, nous proposons de créer une barrière écologique aux frontières de l’Europe pour empêcher l’importation depuis des pays qui ne respectent pas nos standards environnementaux. Nous voulons faire contribuer les produits importés à la hauteur du gaz à effet de serre émis pour leur transport.

Le président de la République, lui, préfère l’écologie bureaucratique. Il empile les Conseil de défense écologique, Haut conseil pour le climat, Convention citoyenne pour la transition écologique et autre Conseil national de la transition écologique. Cette créativité technocratique ne le dissuade, ni d’accepter l’importation de millions de produits ne respectant pas nos normes, ni même d’offrir de nouveaux débouchés à une agriculture intensive sud-américaine responsable de 80% de la déforestation de l’Amazonie.

Qui ne voit, de plus, que cet accord soumettrait l’élevage français à une concurrence aussi massive que déloyale ? Ce sont 99 000 tonnes supplémentaires de viande bovine à taux préférentiel, 180 000 tonnes de volaille, mais aussi 180 000 tonnes de sucre à taux zéro qui seraient importées en Europe en provenance du Mercosur. Il en va de l’avenir de filières agricoles entières et du modèle français d’élevage, fondé sur des dizaines de milliers d’exploitations familiales et des exigences de qualité alimentaire aux antipodes de l’agro-industrie bovine du Mercosur. Les usines à viande sud-américaines inonderaient nos supermarchés de produits de médiocre qualité, présentant des risques pour la santé publique. Les antibiotiques, en Amérique latine, sont fréquemment utilisés comme hormones de croissance et les trois quarts des produits phytosanitaires autorisés au Brésil sont interdits en Europe ! Alors même que nos éleveurs et nos bouchers sont déjà la cible de groupuscules extrémistes vegan, cet accord leur donnerait le coup de grâce. Quant aux garde-fous que les ministres français nous promettent (clause de sauvegarde en cas de déséquilibre d’une filière, respect des standards sanitaires européens), ils seraient aussi efficaces qu’un tuyau d’arrosage percé pour éteindre un incendie de forêt.

Pour nous, parlementaires Républicains, le choix est clair. Notre riposte sera unanime. A l’Assemblée nationale, au Sénat comme au Parlement européen, nous nous mobiliserons pour que ce funeste accord ne soit pas ratifié. 

Guillaume Larrivé, député (Les Républicains) de l’Yonne
et 52 parlementaires cosignataires :

Damien Abad, député de l’Ain
Emmanuelle Anthoine, députée de la Drôme
Serge Babary, sénateur d’Indre-et-Loire
Jérôme Bascher, sénateur de l’Oise
Martine Berthet, sénatrice de la Savoie
Valérie Boyer, députée des Bouches-du-Rhône
Jacques Cattin, député du Haut-Rhin
Marie-Christine Chauvin, sénatrice du Jura
Guillaume Chevrollier, sénateur de la Mayenne
Dino Cinieri, député de la Loire
Eric Ciotti, député des Alpes Maritimes
Pierre Cordier, député des Ardennes
Josiane Corneloup, députée de Saône-et-Loire
Arnaud Danjean, député européen
René Danesi, sénateur du Haut-Rhin
Rémi Delatte, député de la Côte d’Or
Jean-Pierre Door, député du Loiret
Marianne Dubois, députée du Loiret
Alain Dufaut, sénateur de Vaucluse
Laurent Furst, député du Bas-Rhin
Claude de Ganay, député du Loiret
Annie Genevard, députée du Doubs
Philippe Gosselin, député de la Manche
Jacques Grosperrin, sénateur du Doubs
Pascale Gruny, sénatrice de l’Aisne
Patrick Hetzel, député du Bas-Rhin
Brice Hortefeux, député européen
Alain Houpert, sénateur de la Côte d’Or
Alain Joyandet, sénateur de la Haute-Saône
Constance Le Grip, députée des Hauts-de-Seine
Marc Le Fur, député des Côtes d’Armor
Antoine Lefevre, sénateur de l’Aisne
Geneviève Levy, députée du Var
Brigitte Lherbier, sénatrice du Nord
Véronique Louwagie, députée de l’Orne
Sébastien Leclerc, député du Calvados
Franck Marlin, député de l’Essonne
Gérard Menuel, député de l’Aube
Frédérique Meunier, députée de la Corrèze
Stéphane Piednoir, sénateur de Maine-et-Loire
Nadia Ramassamy, députée de la Réunion
Anne Sander, députée européenne
Raphaël Schellenberger, député du Haut-Rhin
Jean-Marie Sermier, député du Jura
Eric Straumann, député du Haut-Rhin
Jean-Charles Taugourdeau, député de Maine-et-Loire
Patrice Verchère, député du Rhône
Charles de la Verpillière, député de l’Ain
Arnaud Viala, député de l’Aveyron
Michel Vialay, député des Yvelines
Jean-Pierre Vigier, député de la Haute-Loire
Stéphane Viry, député des Vosges

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